PROJET

Arcadium Esport — la vitrine du cycle complet

2019-2025 · 25 000 inscrits · 4 000+ payants · SNCF Gaming + dstny · ~1 M€ levés cumulés · liquidation propre

Arcadium en une phrase

Arcadium Esport (2019-2025) était une plateforme SaaS B2B/B2C qui structurait la pratique de l'esport amateur — comme le sport traditionnel l'a fait il y a un siècle.

Chiffres du parcours :

  • 25 000 utilisateurs inscrits sur la durée de vie
  • 4 000+ abonnés payants cumulés sur 6 ans
  • 442 actifs simultanés au pic
  • 27 coachs animés
  • ~1 M€ levés au total (Business Angels + subventions publiques + dernière levée 650 k€ equity + levier)
  • Clients grands comptes : SNCF Gaming, dstny
  • Liquidation judiciaire propre 2025

La marque survit aujourd'hui via Sport Manager sur Rocalys et via l'Arcadium Cup (finale Mars 2026 avec MUC Omnisports).

C'est ma vitrine du cycle complet : de la vision au démarrage, de la croissance à la sortie, sans détour. Pas une expérience d'incubateur — six ans de production avec des vrais clients qui payaient.

Comment j'ai validé le marché Arcadium

Avant de coder une ligne, j'ai validé que le manque était réel — et que les gens étaient prêts à payer pour le combler.

Insight initial : 500 millions de joueurs amateurs dans le monde, 99,9 % des joueurs esport sont amateurs, aucune structure pour les encadrer. Mais l'insight ne suffit pas : il faut prouver que ce manque vaut de l'argent réel.

Le terrain :

  • 200+ joueurs interrogés durant l'été 2019
  • Entre juillet et août 2019 : 90 joueurs signés sans aucune plateforme, sans aucun produit — juste sur la promesse d'un service à venir
  • MVP scrappy — premiers coachings organisés à la main, sans plateforme, juste pour valider la valeur perçue

Première leçon payée : la discipline du JTBD. Refuser les features que les utilisateurs disaient vouloir mais ne payaient pas. Plusieurs mois perdus à coder ce qui ne ramenait rien avant d'apprendre à dire non.

4 000 personnes ont fini par valider en payant sur 6 ans, 442 actifs au pic.

Ce que ça apporte à un client aujourd'hui : la discipline de valider avec de l'argent réel avant de construire — pas avec des signups, pas avec des sondages. Le client ne dépense pas son budget sur le mauvais produit.

Comment j'ai co-construit la plateforme Arcadium

Mon rôle technique sur Arcadium a évolué pivot après pivot — un parcours qui démontre la polyvalence en environnement réel, pas en théorie.

V1 — équipe interne, je dessinais CTO + dev internalisés. Mon job : vision produit et mockups. Je posais le quoi, ils posaient le comment.

Après les pivots — j'ai dû descendre dans le code Externalisation de l'équipe dev (France + Inde, parce que je ne trouvais pas mon besoin en France). Je me suis mis à prototyper moi-même ce que je voulais voir, pour valider avant de le confier.

Phase finale — full PM/PO + co-architecte technique Experts UX/UI sur le design. Côté tech, je fournissais au lead dev tout ce qu'un PM/PO doit fournir : besoins, specs, flux, edge cases. Avec lui : recherche des solutions techniques, architecture BDD, lecture de la doc, choix de stack. Les nouvelles features, je les prototypais directement en prod, on les testait sur des vrais utilisateurs, puis on les refondait proprement.

Hands-on sur les zones critiques :

  • Matching vectoriel FAISS (lib Meta) — joueurs ↔ clubs, développé par moi-même en 2023, avant la vague RAG grand public
  • Bots conversationnels pour débloquer un goulot d'étranglement côté acquisition — codés et déployés par moi

Stack co-architecturée : MongoDB · React · Node.js · PHP · Stripe Connect multi-flux (B2C mensuel + B2B annuel sur la même base) · apps web + mobile.

Ce que ça apporte aujourd'hui : je sais piloter des équipes internes et externalisées, je sais construire de bout en bout parce que je suis passé par à peu près tous les postes (PM, PO, prototypeur, co-architecte, dev ponctuel sur les zones critiques). Et avec l'IA, le mode d'opération a changé : faire bien plus avec moins de monde, et faire sauter une grosse couche de complexité organisationnelle.

Le matching FAISS d'Arcadium (2023) : avant la vague RAG mainstream

En 2023, j'ai construit un système de matching joueurs ↔ clubs en Python avec FAISS — la bibliothèque de recherche vectorielle de Meta — pour Arcadium. Personne autour de moi ne savait que ça existait. Aujourd'hui, les embeddings et la recherche vectorielle sont partout.

Pipeline réel en production :

  • DM Instagram d'un joueur → embedding → recherche FAISS → top 5 clubs → LLM choisit le meilleur → réponse personnalisée envoyée
  • Placement de chaque joueur dans le club optimal parmi une quarantaine de clubs partenaires (niveau, jeu, langue, fuseau, affinités)

Faire de la recherche vectorielle avec FAISS en 2023 sur un vrai problème métier — avant que le mot "RAG" soit dans toutes les bouches — ce n'est pas un coup de chance, c'est une habitude technique. La même logique vectorielle structure aujourd'hui FluidStore, ma base vectorielle multi-résolution MCP-native.

Mon pattern : « Je vais chercher la solution là où elle est, pas là où c'est à la mode. »

La levée Arcadium et l'ingénierie financière

Une levée n'est pas uniquement une histoire à raconter — c'est une histoire bâtie sur des fondations business solides. Ingénierie financière, traction marché, adéquation business/stratégie : tout ça se prépare dès les premiers mois, pas la veille du roadshow.

Pour Arcadium :

  • Modèle hybride BtoC + BtoB validé : BtoC abonnement mensuel (licence Arcadium + adhésion club), BtoB abonnement annuel par utilisateur — clients SNCF Gaming, dstny
  • ~1 M€ levés cumulés sur le parcours : Business Angels en amorçage, subventions publiques, puis dernière levée de 650 k€ (equity + levier) pour accélérer
  • 442 abonnés actifs simultanés au pic, 4 000+ payants cumulés sur 6 ans (sur 25 000 inscrits — funnel inscription → conversion en payant à surveiller, indicateur précieux pour qualifier un marché)
  • Projection financière manuscrite N-2 → N+5 : 90 → 3 361 joueurs, ARR 27k€ → 1,7M€, CA 27k€ → 4,5M€, EBITDA -82k€ → +458k€ — le calcul AVANT le deck
  • Stratégie de scale en 3 paliers (chaque palier = nouveau modèle de revenus) : Step 1 clubs amateurs en ligne, Step 2 ancrage territorial physique, Step 3 compétition pro/semi-pro

Leçon à transmettre : lever = pari « tout ou rien ». Il faut en avoir conscience et mesurer les indicateurs prédictifs qui disent si la levée est pertinente — ou si c'est une erreur stratégique à éviter.

Ce que j'apporte à un client en phase de levée : les fondations business sur lesquelles l'histoire tiendra, plus la lucidité sur le pari "tout ou rien" — ça se mesure avant, pas après.

Reconnaître quand un marché peut scaler — ou pas

L'erreur stratégique sur Arcadium n'a pas été de mal construire le produit, ni de mal vendre. Elle a été de lever pour accélérer un marché qui n'avait pas l'élasticité pour absorber l'injection de cash.

Concrètement, ce que ça donnait :

  • Plus on mettait dans l'acquisition, plus le CAC montait
  • La LTV ne suivait pas le rythme imposé par le cap table
  • À budget × 10, on n'obtenait pas 10× clients — on rentrait dans la zone de saturation du marché

Tous les marchés ne permettent pas un scale rapide — et accélérer la machine quand le terrain ne le permet pas pousse uniquement à la surchauffe sans gain réel.

Les vrais signaux à lire AVANT la levée, pas après :

  • Le taux de transformation budget → clients est-il linéaire, ou se sature-t-il vite ?
  • Le marché absorbe-t-il réellement une accélération, ou faut-il l'éduquer pendant des années ?
  • La traction actuelle est-elle reproductible à échelle, ou propre à un contexte ?

Pourquoi c'est critique : une fois la levée bouclée, on dépense sur du crédit. Si la croissance ne suit pas à l'allure promise au cap table, le projet s'arrête net. Lever, c'est échanger la marge de manœuvre contre une obligation de vitesse. Une levée peut tuer un projet qui aurait pu continuer à scaler tranquillement en autofinancement.

Ce que j'apporte à un client aujourd'hui : la lucidité sur le piège du scale forcé. Lire les signaux avant la levée — qualifier si votre marché supporte vraiment l'accélération, ou si vous risquez de transformer un projet sain en projet sous pression. Et quand la trajectoire dit non, sortir proprement avant que la sortie devienne subie.

Pourquoi Arcadium s'est arrêté

Liquidation judiciaire propre en 2025.

  • SAS qui joue son rôle de protection
  • Sortie maîtrisée, gérée par moi-même
  • Patrimoine personnel préservé
  • Pas de dette toxique, pas de fournisseurs lésés

Ce n'est pas l'histoire d'un produit qui ne marchait pas, ni d'un marché inexistant. Six ans, 25 000 utilisateurs inscrits, 4 000+ abonnés payants, SNCF Gaming et dstny en clients B2B. Le produit marchait, la trajectoire était saine.

Le vrai sujet est plus subtil — et c'est la leçon que j'emporte partout : j'ai fait le choix de lever pour accélérer. Sauf que le marché de l'esport amateur n'avait pas l'élasticité pour absorber l'injection de cash. Plus on mettait dans l'acquisition, plus le CAC montait, sans que la LTV suive le rythme imposé par le cap table.

Quand on lève, on accepte l'obligation de croissance qui va avec. Si le marché ne suit pas, c'est mécaniquement intenable. Pas un défaut d'exécution, un défaut de qualification de l'élasticité du marché avant la levée.

Je l'assume directement : « Avant d'envisager une levée, il faut qualifier que le marché est scalable au rythme imposé par les investisseurs. Et si la trajectoire dit non, savoir sortir proprement avant que ça devienne subi. »

C'est ce qui fonde mon approche actuelle chez Quatools : faire moins, faire bien, durer. Et ne lever que si la mécanique de marché le permet vraiment.

Ce qui survit d'Arcadium en 2026

La liquidation n'a pas tué la marque. Ce qui survit en 2026 :

  • Pierre Pastor (ex-COO Arcadium) exploite aujourd'hui Sport Manager sur Rocalys6 ans de partenariat continu avec moi
  • L'Arcadium Cup continue : finale Mars 2026, partenariat MUC Omnisports + Rocalys
  • Le modèle d'organisation club que j'ai inventé sert toujours de socle aux clubs ex-partenaires
  • La communauté se rassemble encore, en uniforme Arcadium, lors des événements

La marque est devenue plus grande que la boîte qui la portait. Le cycle se boucle.

Ce que j'apporte à un client : l'art de construire des relations et un modèle qui dépassent la structure juridique. Une marque peut survivre à sa boîte si elle a été construite proprement.

Témoignages clients Arcadium

Luc "Hikar" Naudin, Manager & Joueur SNCF Gaming :

« Le partenariat avec Arcadium est une vraie réussite. Le service de coaching professionnel est très qualitatif et très apprécié des joueurs de notre structure SNCF Gaming. »

"Daltona", joueur SNCF Gaming :

« Tout le monde dans le club est au même niveau, du directeur à Paris au contrôleur dans le sud. Ça m'a permis d'améliorer grandement mon réseau. »

Au-delà des clients B2B grands comptes, la communauté esport française a manifesté un soutien fort tout au long du parcours et même après la liquidation — ce qui a permis à la marque de survivre à la structure juridique.

Les leçons que j'emporte d'Arcadium

Sur ce qu'il faut savoir construire :

« Il faut savoir QUOI construire, COMMENT construire, et — surtout — SUR QUEL MARCHÉ construire. Aucune école n'aurait pu m'apprendre ça. Ce sont les 6 meilleures années d'école que je n'ai jamais eues. Et c'est ce qui me permet aujourd'hui de construire une chaîne de valeur de bout en bout. »

Sur le rythme imposé par une levée :

« Avant d'envisager une levée, qualifier que le marché est scalable au rythme imposé par les investisseurs. Le produit peut marcher, la trajectoire peut être saine — si le marché n'a pas l'élasticité pour absorber l'injection de cash, le rythme du cap table devient mécaniquement intenable. Une levée n'est pas un boost universel. C'est un pari sur l'élasticité du marché. »

Sur la sortie :

« Quand la trajectoire dit non, savoir sortir proprement avant que ça devienne subi. La SAS a fait son job — c'est aussi ça, l'ingénierie financière bien faite. »

Ces trois leçons sont au cœur de ma doctrine "Builder lucide" actuelle :

  • Savoir QUOI / COMMENT / SUR QUEL MARCHÉ construire
  • Qualifier l'élasticité du marché AVANT de lever, pas après
  • Faire moins, faire bien, durer